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Camp Boiro Memorial / Victimes / Témoignages


Alsény René Gomez
Camp Boiro. Parler ou périr

Paris. L'Harmattan. 2007. 253 pages


      Sommaire      

Chapitre VIII
Les différentes formes de tortures et de liquidations physiques

« Je ne dis pas que le roi ne savait pas : il savait et défendait ce qui se passait devant les journalistes et les organisations internationales. Bien évidemment il en porte la responsabilité. Mais il est tout à fait possible qu'il n'ait pas su dans le détail que les hommes chargés des interrogatoires en profitaient pour régler leurs comptes, pour se livrer à des luttes d'influence, et cherchaient à briser des concurrents éventuels. Pour être juste, il faut dire aussi qu'il laissait torturer et mourir des gens qui mettaient en cause son propre pouvoir », affirme l'ancien ambassadeur de France en Guinée 1.

Des liquidations physiques

Elles ont été pratiquées systématiquement dans tous les lieux de détention à travers le territoire de 1959 à 1984. Au plus fort de la répression, à savoir les premières semaines qui ont suivi l'agression du 22 novembre 1970, des commissions du Comité révolutionnaire avaient été dépêchées dans les localités frontalières comme Koundara et Mali pour aller interroger et décider directement du sort de plusieurs centaines de personnes, accusées de complicité avec l'agresseur.
Ce qu'il faut retenir, c'est que les méthodes de torture et de liquidation étaient multiples. Les formes les plus connues étant :

Citation

Mais il est certain que l'armée a été victime du système. Elle a perdu de très nombreux officiers, y compris des chefs d'état-major, comme Noumandian Keita ou Kaman Diaby. En le confirmant, Sékou Touré m'a dit un jour :
— Je n'ai été vraiment impitoyable qu'avec les militaires et les anciens ministres parce qu'ils avaient trahi un engagement personnel vis-à-vis de moi.
Le président m'a dit un jour que, pendant les années sombres 2, il suffisait de trois lettres dénonçant quelqu'un pour qu'il soit arrêté et interrogé.

Cependant, comme on va le voir, les victimes, dans leur très grande majorité, n'étaient pas seulement ministres ou militaires, mais parfois des étrangers, et surtout de simples fonctionnaires, des privés, des ménagères, des élèves, des ouvriers, des artisans ou des paysans arrêtés alors qu'ils revenaient de leurs champs. Et que dire des enfants qui sont marqués pour toute leur vie, car ils sont détenteurs de documents d'état civil portant la mention: nés à Boiro.

1. La pendaison

Le 25 janvier 1971 est une date inoubliable pour tous les Guinéens. Ce jour-là, les habitants de la capitale croyaient vivre un cauchemar collectif, suite à l'incroyable nouvelle qui avait déjà fait le tour de la ville avant même le lever du soleil. En effet, quatre personnes étaient pendues au pont de Tombo sur l'autoroute.
Baldé Ousmane, ministre, Barry Ibrahima dit Barry III, ministre, Magassouba Moriba, ministre, et Keita Kara, commissaire de police, étaient les toutes premières victimes de cette nouvelle forme d'assassinat collectif en Guinée.
L'autoroute Fidel Castro Ruz «Route Infinie de l'Histoire», ce fut le nouveau nom de baptême inscrit quelques années plus tard, en grosses lettres sur le fronton du pont de Tumbo. Pour tous ceux qui auront demain la lourde mission de réécrire l'histoire de la Guinée, nul doute que cette date sera retenue comme le point de départ d'une série de liquidations publiques dont le mode n'était autre chose que des exécutions extrajudiciaires.
Dans la même semaine, toutes les trente-trois autres fédérations du PDG avaient reçu leur « dotation » de prisonniers pour la pendaison publique. Le nombre variait de deux à quatre suivant l'importance de la localité. Pour la ville de Kankan, la deuxième du pays, l'un des préposés à la corde avait eu le mauvais goût de mourir avant la cérémonie. Un télégramme officiel fut envoyé d'urgence à Conakry pour réclamer un remplaçant. La réaction ne se fit pas attendre. La distance étant longue et fatigante par camion, le préposé fut expédié par avion. « Vitesse Sécurité Confort », c'était la devise d'Air Guinée la compagnie nationale. L'avion était arrivé à l'heure et Kankan avait eu droit à ses pendus au complet.
Au moment de ces évènements, une équipe du Corps de la paix se trouvait à Kankan. L'un de ses membres un jeune américain, se trouvait sur les lieux de cette macabre cérémonie. Avant de venir dans cette ville, il avait passé quelques mois à Conakry à la Société Nationale D'électricité (SNE). C'est donc avec stupéfaction qu'il vit se balançant au bout d'une corde, un de ses anciens camarades de travail de la SNE qu'il venait de quitter quelques semaines auparavant. Le spectacle étant insoutenable, il fut victime d'une brusque dépression nerveuse. Il se précipita à la poste pour envoyer un télégramme à son ambassade pour demander l'autorisation de revenir à Conakry. Cependant, le message qui fut reçu à l'Ambassade portait les mots (enough, enough, enough) : Assez, assez, assez » et rien d'autre.
Quels tristes souvenirs ? Des parents et amis se souviennent encore avoir identifié sur la potence à Siguiri : Diallo Lamarana.
Quant à monsieur Baldé Mamadou de Tougué, il se souvient encore de ce mois de janvier 1971. A l'époque, jeune élève de l'école primaire, il s'était rendu au centre-ville car c'était le jour du marché hebdomadaire. Une fois sur les lieux, comme tout le monde il s'était retrouvé confronté à un spectacle qui le marquera toute sa vie. En effet, au milieu des arbres deux potences avaient été installées la nuit et deux corps inanimés se balançaient au bout d'une corde. Il avait réussi à se faufiler auprès d'un vieil homme qui semblait complètement bouleversé. Ce dernier voulait parler et semblait chercher un interlocuteur. Finalement, c'est à lui qu'il s'était adressé en ces termes :
— Mon fils, je voudrais te confier un message car toi tu pourras avoir la chance de vérifier ce que je vais dire : Mes cheveux blancs sont le témoignage d'une vie bien remplie, mais je ne pouvais jamais imaginer vivre un spectacle comme celui que nous avons là devant nos yeux. Je te dis et tu peux le retenir : Avec ce qui vient d'être fait, il faudra attendre quatre décennies avant que notre pays ne se relève des conséquences de tels actes.
Quant à Barry Ibrahima Garanké qui fut pendu à Kindia, où sa femme se trouvait, elle aussi en détention, cette dernière fut sortie à cette occasion, pour aller effectuer en compagnie de la foule de militants une marche révolutionnaire devant la potence de son époux.

II. Le Parti de la violence et des liquidations

Le chemin du PDG a été jalonné pendant un quart de siècle par une multitude de crimes odieux.
Cela avait commencé bien avant l'indépendance, par des tueries sans précédent, entre factions politiques rivales dans la ville de Conakry, en octobre 1956 et avril-mai 1957.
Après l'indépendance, le processus s'est poursuivi à l'occasion des différents complots périodiquement dénoncés. En fin de compte, c'était devenu un rituel.
A partir de janvier 1971, les exécutions se faisaient avec une fréquence plus accrue et des effectifs de plus en plus nombreux, surtout dans les Camps de Boiro, Kindia et Kankan. Si à Boiro les dimensions des cellules empêchaient les grands regroupements, à Kindia par contre la configuration des lieux favorisait des regroupements dans des salles communes qui pouvaient recevoir plusieurs dizaines voire une centaine de détenus. Cette cohabitation et cette communauté de destin rendaient de ce fait les séparations plus dramatiques et pathétiques.
A ce sujet écoutons le témoignage d'un survivant de Kindia ; Kindo Touré fut arrêté en 1969 et libéré le 22 novembre 1973. Il est auteur du livre Unique Survivant du Complot Kaman-Fodéba .

Les préparatifs d'une exécution massive

« C'était toujours le même rituel. Le jour précédant les exécutions, le chef de poste se présentait liste en main entre 15 heures et 16 heures. Il regroupait alors les détenus dans une cellule ou une salle selon le nombre. Nous sentions un certain énervement chez les hommes de garde, dont nous suivions aisément les va-et-vient et les dialogues. Puis sur la table du chef de poste, un agent déposait une grosse pelote de ficelle. Pendant que les uns coupaient la ficelle en morceaux de 2 mètres, d'autres nettoyaient les lampes-tempête, et le chef de poste vérifiait les piles des lampes-torches. Au moment de ces préparatifs, le premier détenu qui avait eu l'occasion de les surprendre grâce au trou de la porte revenait rapidement à sa place visiblement bouleversé. Malgré son mutisme, son désarroi était nettement visible. Puis un second prenait sa place à l'observatoire. C'est ainsi que tout le monde était alerté en quelques secondes. A ce moment, la salle se retrouvait plongée dans un silence de cimetière.»

L'angoisse

Comment savoir à ce stade du processus qui serait concerné ? En ces moments de tension extrême, chacun se disait : pourvu que ce soit mon voisin et pas moi. Décidément, la solidarité a ses limites face à la peur. Les plus courageux, ou simplement croyants ou résignés, avaient déjà pris leur parti. Ils faisaient leurs adieux tout en implorant le pardon pour tout manquement qui aurait été inconsciemment commis à l'endroit d'un compagnon quelconque. Par la même occasion les messages oraux étaient transmis et les anciennes adresses précisées de nouveau. Le tout se terminait par une étreinte d'adieux. Ce jour, l'unique repas servi était ignoré. Même les prières étaient faites avec la mort en projection. La nuit tombée, on se couchait non pas pour dormir, mais pour méditer ou pleurer en secret sous la couverture à l'abri des yeux indiscrets, comme si on avait honte d'avoir peur de mourir.

Le tri

Vers 2 heures du matin, dans le silence et l'obscurité, la porte de la pièce était ouverte avec une inutile précaution. En effet, comme dans un mouvement d'ensemble parfait, les quarante ou cinquante pensionnaires se retrouvaient sur leur séant, les yeux anxieusement rivés sur la porte. Puis dans un silence de mort, le « metteur en scène » donnait alors le coup d'envoi. Dans un premier temps, la vive lumière de la lampe-torche balayait d'un trait les deux rangées de couchettes. Puis le chef de chambre était interpellé pour répondre à la rituelle question :
— Un tel est-il là ?
Alors l'intéressé répondait lui-même :
— Oui, présent.
Ensuite il enchaînait :
— Viens, mais surtout ne prend rien du tout. Ce n'est pas nécessaire.
Bien entendu, c'était une cruelle et inutile précision. Pendant ce temps, devant la porte, tapis dans le noir, de solides sbires attendaient le condamné dans « l'antichambre de la mort ». Puis à pas lents, sous les regards émus de ses compagnons, le détenu traversait pour une dernière fois la salle. On avait alors l'impression qu'il faisait un parcours dans le « couloir de la mort ». Une fois au-dehors, il était pris dans l'étau d'acier de deux vigoureux bras. A ce moment, la foi, la résignation ou le courage étaient momentanément balayés pour faire place à des gémissements qui très rapidement se transformaient en pleurs. Le malheureux savait en ce moment que le Rubicon était définitivement franchi.

Le départ

Les « victimes du jour », solidement ligotées, étaient jetées comme des sacs de poubelle sur les planchers des camions garés de part et d'autre du portail du Camp.

L'exécution

Une quinzaine de minutes après leur départ, les crépitements nourris et brefs des armes automatiques parvenaient aux survivants en sursis dans la prison. En quelque sorte un Adieu aux armes.
C'était terrible, horrible et insupportable à la fois. C'est à des moments comme celui-ci, que dans un égarement total, il arrivait à certains d'entre nous de se demander pourquoi Dieu le tout-puissant et miséricordieux pouvait-il accepter dans ce pays la persistance de tant d'injustices et de cruauté ? Mais malgré tout cela, au lever du jour, nous nous précipitions pour faire notre prière car en fin de compte, nous savions que dans ce pays et en ces lieux Dieu demeurait le seul et unique recours »
En parlant des exécutions, les dates qui me reviennent en mémoire sont :

1. Exécution publique de 1959

Condamnés tous les deux à mort, les autorités choisirent de les exécution publique.

2. Janvier 1960 à Guékédou

Pour avoir réclamé la restitution des sommes d'argent qui leur avaient été extorquées, les populations du canton de Guelo firent l'objet d'une expédition punitive, au cours de laquelle 37 personnes furent fusillées dont :

Quant à l'ex-chef de canton de Guelo, N'Faly Yombouno, il fut arrêté, jugé et condamné à 30 ans de prison. Il est mort en prison, empoisoné trois mois seulement après son incarcération. L'autorité administrative fit mettre une chaîne sur sa tombe, pour bien signifier qu'il devait épuiser sa peine, même mort.

Les exécutions de personnes accusées de complot

17 mai 1960 à Conakry (mont Kakoulima)

1965 à Conakry (Mont Kakoulima)

29 mai 1969 à Conakry (Mont Kakoulima)

Des condamnés à la peine capitale le 11 mai 1969, à la suite de ce qui avait été dénommé « Complot Kaman-Fodéba »4.

Par contumace :

Pour la petite histoire, il faut rappeler que l'ambassadeur Naby Youla, après avoir longtemps servi son pays en Europe occidentale, avait choisi l'Afrique et plus précisément le Zaïre comme retraite pour mettre ses compétences à la disposition du président Mobutu Sésé Séko 5. Ce faisant, il voulait s'éloigner de la Guinée, et espérait ainsi se faire oublier de Sékou Touré. Une fois de plus, ce dernier n'avait pas failli à sa réputation de tueur. En effet, sur son initiative, un groupe de tueurs dirigé par Momo Jo fut dépêché à Kinshasha pour aller éliminer l'hôte du maréchal Mobutu. Les envoyés spéciaux furent accueillis et désarmés à l'aéroport avant d'être fraternellement hébergés par le gouvernement. Après la visite de quelques sites touristiques, ils furent embarqués quelques jours après pour Conakry, bien entendu sans leur arsenal.

3 janvier 1971, à Kindia, au pied du mont Gangan 6:

Des personnes condamnées le 11 mai 1969, certaines à perpétuité, d'autres aux travaux forcés ou à des peines limitées à quelques années. Elles avaient été arrêtées à l'occasion du Complot Kaman-Fodéba. Finalement elles furent toutes transférées à la prison de Kindia, et exécutées pour soi-disant complicité avec l'agresseur de novembre 1970, alors qu'elles étaient déjà en détention depuis plus de 17 mois. Ce sont:

NB : Sow Mamadou Alpha qui était malade, fut transporté sur le lieu d'exécution en brancard.
Ce nombre est inférieur au chiffre réel des personnes exécutées, car pour la seule prison de Kindia, plus de 45 personnes furent extraites des cellules à cette occasion pour ne plus jamais y revenir.

Exécution du 25 janvier 1971 à Kissosso

Les exécutions de la nuit du 30 au 31 juillet 1971

A Conakry, au pied du mont Kakoulima

A Kankan

A Kindia

Mamadou Barry dit Petit Barry a vécu cette inoubliable et dramatique nuit, il raconte :
— J'étais dans la même cellule que Bah Thierno Ibrahima ex-gouverneur et ancien chef de canton de Dalaba, et son jeune frère de lait Bah Bademba. Bah Thierno avait fait un rêve la veille. Il nous en avait fait le récit et le commentaire dans la journée. Il était réellement pessimiste. Puis vint la nuit. Quand on est venu les chercher, comme tout détenu qu'on appelle, le premier réflexe avait été de vouloir prendre ses habits.
— Inutile, avait dit l'agent, Vous n'en avez pas besoin.
Notre cellule avait une petite ouverture vers l'extérieur. Je me suis précipité pour essayer de voir ce qui se passait au-dehors. Je fus alors témoin d'une scène insoutenable et inoubliable. En effet, alignés sans ménagement les uns derrière les autres, les détenus étaient embarqués avec brutalité dans des camions militaires garés dans la cour. C'est à ce moment que je reconnus dans la pénombre la voix de Bah Thierno, s'adressant aux agents :
— Epargnez au moins mon jeune frère.
C'en était trop. J'en avais perdu la raison, au point d'avoir tenté de mettre fin à ma vie le lendemain matin. Mais Dieu ne l'avait pas voulu car le fusil que j'avais dérobé au garde pour la circonstance était vide de munitions 13.

Les exécutions du 18 octobre 1971

A Conakry

A Kankan

A Kindia

Baldé Mariama Dalanda, élève à Labé, arrêtée le 15 septembre 1971 et libérée le 19 décembre 1977, se trouvait au camp de Kindia cette nuit-là. Elle raconte :

Le 17 octobre, Baldé Oumar, connu sous le nom « Baldé OERS », avait passé toute la journée à remonter le moral de ses co-détenus.
Nous étions toutes découragées et démoralisées. Il avait réussi à nous soulager, tant sa foi était grande et ses paroles rassurantes. Foi en Dieu et confiant en l'avenir comme seul peut l'être un innocent et un croyant. Il nous avait confié, entre autres, un rêve fait la nuit précédente. Il avait vu un train dont la locomotive était détachée des wagons. Cela l'intriguait fort, malheureusement nous ignorions tous l'interprétation d'un tel rêve.
Nous avions pensé un moment à un départ manqué ou une séparation. La sortie, elle nous obsédait à tel point que tous nos rêves y étaient orientés. Des bruits de brodequins dans la nuit, des ordres que l'on donne, suivis du ronflement de moteurs, puis quelque temps après, des coups de feu sous le mont Gangan situé non loin du Camp. Personne n'avait dormi cette nuit-là. Puis le lendemain, à l'heure du partage du riz, comme les noms des détenus étaient gravés sur les assiettes métalliques, l'agent de service tout naturellement avait tiré du lot toutes celles appartenant aux « voyageurs » de la nuit.
Du fin fond de la prison, dans un ultime mouvement d'indignation, une voix s'était écriée :
— Ils ont tué tous nos enfants 14.

Toujours dans ce même camp de Kindia, où un « mercenaire » livré par Daouda Kairaba Diawara président de Gambie, avait résisté aux balles, on fit passer un char de combat sur son corps pour le punir de son impertinence.

L'opération baptisée « Cheytane 75»

Exécution de six paysans du (PRL) Pouvoir révolutionnaire local de Kaité, dans la section de Kakossa, fédération de Forécariah, à la suite de protestations contre les normes.

Les exécutions de l'année 1984, les dernières du régime du PDG

Janvier 1984 à Benty, dans la préfecture de Forécariah

Le gouverneur de Forecariah s'était rendu dans la localité de Kaléyiré pour commenter les décisions de la 33 ème session du PDG réunie en (CNR) Conseil national de la révolution. Il s'agissait de l'augmentation du montant de l'impôt local ou Contribution au développement rural (CDR) qui passait de 600 à 800 sylis. A cela venait s'ajouter une norme de 60 kg de riz paddy à fournir par personne et par an. Il se trouve que cette exigence de 60 kgs représentait l'autosuffisance alimentaire du paysan. Le refus sera concrétisé par une paire de gifles administrées par un manifestant au représentant du pouvoir central, le commandant d'arrondissement.
En guise de représailles, l'ordre fut donné à l'armée de ceinturer la zone concernée, et de mater la révolte. Le tribunal criminel de Forécariah, après des aveux forcés obtenus grâce à la torture, procéda à plusieurs centaines de condamnations à des peines allant de 1 à 10 ans de prison. Il faut préciser qu'au cours des opérations, Fodé Lamine Yansané, un aspirant de police, adjoint du commissaire de Pamelap, avait trouvé la mort à un barrage érigé a Dakhagbé. Auteur présumé du meurtre du policier, le cultivateur Yéli Abou Camara fut exécuté en représailles, devant la mairie de Benty, après un jugement sommaire. Parmi les transférées à Boiro, deux succomberont aux blessures par balles suite aux tirs effectués dans la foule. Une femme enceinte, pourchassée, se réfugia dans la brousse où elle accoucha prématurément de jumeaux. Malheureusement ni elle ni ses enfants ne survécurent.

Février 1984 à Sinko préfecture de Beyla

Un incident était survenu entre les autorités et les femmes. Comme à Benty c'était encore au sujet des « normes » ou impôt en nature. Le gouverneur, ayant pris peur, avait ordonné à la police de tirer dans le tas. Trois femmes sont mortes sur place. Face à la colère de la population, le gouverneur n'avait trouvé d'autre solution que de fuir.

Mercredi 21 mars 1984 à Mamou

Exécutions au stade :

Suite à un contrôle de police, un citoyen bien connu dans la localité fut arrêté. Cette arrestation déclencha une bagarre entre la police et la population. Finalement le commissariat fut saccagé. On procéda à de nouvelles arrestations. Très rapidement un Tribunal présidé par le ministre de la Sécurité, Sékou Chérif, beau-frère de Sékou Touré, prononça des sentences de condamnation à mort pour cinq personnes. Les quatre condamnés présents dont un handicapé furent fusillés publiquement. Le cinquième était en fuite. Parmi les quatre se trouvait un muezzin qui avait fait une doléance avant l'exécution de la sentence à savoir : lui permettre de faire ses ablutions et une prière de deux rakats. Il fut autorisé, et à la fin de sa prière, il dit :
— Je peux vous certifier que nous serons les toutes dernières victimes de ce régime.
Ainsi dit ainsi fait, car cinq jours seulement après, on annonçait la mort de Sékou Touré, le 26 mars 1984, à Cleveland aux Etats-Unis.

III. La diète noire ou la condamnation à mort par inanition

C'est une pratique extrêmement cruelle et cynique. L'Almamy Samory Touré , dont Sékou Touré se réclamait être un des descendants avait jadis emmuré un de ses fils, qui mourut d'inanition 15. Il s'agit plus précisément de Diawoulen Karamo 15bis qui, au cours d'un voyage effectué en Europe, avait eu l'occasion de voir et apprécier l'arsenal d'armes à feu des troupes françaises. De retour au pays, il avait pensé bien faire en recommandant à l'Almaray d'éviter une confrontation avec les Blancs. Sur instigation de certains courtisans, ces propos furent considérés comme une trahison et sanctionné comme telle. L'on pourrait trouver là les raisons de la prédilection de Sékou Touré pour cette forme de liquidation. Enfermé seul dans une cellule, sans nourriture et sans eau, jusqu'à ce que mort s'ensuive. Cette forme de liquidation peu connue du public est à mon sens la plus odieuse et la plus insupportable. Elle est cruelle et odieuse pour la victime, face à une mort lente et douloureuse qu'elle ne peut ni atténuer, ni accélérer. Insupportable pour les survivants, qui assistent impuissants, et surtout qui doivent se comporter comme s'ils ignoraient totalement ce qui se passait à côté d'eux. Bien entendu, pour le pouvoir en place, cette forme d'assassinat avait « l'avantage » de la discrétion. En effet, Boiro était une tombe pour les morts, pour les prisonniers survivants, et les hommes de garde. Toute indiscrétion pouvait être fatale. Sur la base des informations connues à ce jour, il semble que le bloc-Boiro et la prison de Kindia avaient l'exclusivité de la diète noire. A coté des « avantages », il y avait toujours pour le pouvoir des inconvénients. D'abord la limitation dans le nombre, la durée du processus, et surtout et pas des moindres, le manque de discrétion au moment de l'enterrement.

La première diète noire remonterait à l'année 1965.

En sont morts : Complot Petit Touré

Complot Kaman-Fodéba

Cinquième Colonne (1971)

Groupe Kamissoko

Cas isolé

Complot Peul, Groupe Telli

Groupe Commandant Sylla

Groupe Bah Mahmoud

Bah Mahmoud est né en 1940 à Labé. Très tôt exilé en France, il avait fini ses études et était devenu enseignant et technicien de l'alimentation. Au cours d'un voyage qu'il effectua en Guinée à partir de Dakar après plusieurs années d'absence, il fut arrêté à Boké le 21 août 1979, en compagnie de son ami, Karamoko Diallo. Ils seront transférés le même jour par avion à Conakry, directement au Camp Boiro, en compagnie de huit autres personnes qui avaient emprunté le même véhicule pour le trajet Dian-Dian-Boké. Ils étaient au nombre de dix. Dès leur arrivée, ils furent mis à la diète. Habituellement la diète à l'arrivée désignée pudiquement par diète d'accueil durait trois à huit jours, pour faciliter l'interrogatoire. Cette fois, la diète n'a pas été interrompue pour des raisons inconnues. Ainsi, huit des dix passagers sont passés de vie à trépas sans interrogatoire.

Kanassé

Avril 1982

Après l'assassinat d'une sentinelle à la présidence, arrestation d'un chauffeur de la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG), Barry Alsény, mis à la diète noire à Boiro, décédé en septembre 1983

IV- La mort par le fouet

L'on se souviendra que le jour de l'agression, tous les détenus enfermés à Boiro avaient été libérés par les assaillants. Une fois de retour dans leurs foyers, trois options s'offraient aux anciens pensionnaires en liberté provisoire. A savoir :

Dans la première catégorie, un seul réussira à traverser la frontière à temps : ce fut le capitaine Soumah Abou, ancien aide de camp du président Sékou Touré 19. Ce fut une occasion pour son ancien chef, de faire montre de toute sa rancune et sa cruauté. En effet, il fit arrêter plusieurs de ses frères et sœurs qui furent incarcérés à Boiro et à la prison de Kindia. L'unique survivant Soumah Faouly, arrêté en 1971, n'avait été libéré qu'en 1978, paralysé et aveugle. La mort, survenue en 1985, était venue finalement mettre fin à son calvaire. Quant à son grand frère le capitaine, il avait pu finalement retourner dans sa patrie après la mort de Sékou Touré et le changement de régime en 1984, pour mourir au milieu des siens en homme libre.

S'agissant de la deuxième catégorie de détenus, après le regroupement, ils avaient tous fait partie du «convoi de la mort» parti de Conakry le 24 novembre 1971 pour Kindia. Les survivants après seulement quelques mois étaient moins d'une dizaine.

Pour ceux de la troisième catégorie, l'attente fut finalement de très courte durée. Il faut savoir que sous le règne du PDG, la délation et la dénonciation étaient considérées comme des preuves évidentes de patriotisme et de militantisme. Ainsi en peu de temps, ils furent tous ramassés puis assimilés aux assaillants. Transférés à la prison de Kindia, ils subirent tous la mort par le fouet ou par la matraque.

La mise en condition

Dès leur arrestation, les détenus étaient d'abord complètement déshabillés. Ensuite ils étaient attachés aux pieds, mains derrière le dos jusqu'à ce que les coudes se touchent. A l'arrivée à Kindia, ils étaient mis en diète de plusieurs jours pour accélérer leur épuisement physique.

La préparation

Les détenus étaient sortis le matin à partir de 10 heures, pour être ligotés et couchés sur une dalle de béton dont la température augmentait en fonction de la course du soleil.
Puis les victimes étaient arrosées de grésil, un désinfectant huileux, et ensuite enduits de sable. Vers midi, un tabouret était installé en plein air, sur lequel étaient déposés des friandises, du tabac et des allumettes. Après ce cérémonial, une horde de malabars surexcités était alors lâchée par le régisseur. C'étaient des criminels classés dans la catégorie de détenus de droit commun. Ils étaient comme une meute de chiens devant un os. Les pauvres victimes étaient alors livrées à leurs bourreaux. Ils étaient munis de nerfs de bœufs constitués de lanières tranchées de caoutchouc. Les coups étaient ainsi assénés jusqu'à ce que mort s'ensuive. Si au départ, les hurlements et les vociférations parvenaient à couvrir les claquements des fouets, à la longue ils s'atténuaient au point que seuls les coups restaient audibles. Bien entendu, à ce stade du processus, les rares bouches qui arrivaient encore à s'ouvrir n'émettaient plus aucun son.

Le salaire de la barbarie

Le bourreau qui le premier avait réussi à tuer son « client » était alors présenté comme un « héros ». Après son forfait, il se dirigeait vers le tabouret pour se servir à sa guise et toucher le salaire de la barbarie. Après un moment de repos, on lui livrait sa seconde victime qu'il massacrait avec la même ardeur. C'était une vraie hystérie collective. A la fin de la « boucherie », les cadavres étaient dédaigneusement traînés comme de la répugnante charogne pour être entassés dans un coin avant le passage de la « poubelle » la nuit. Pour justifier ce macabre spectacle, les responsables de la prison disaient que « ces hommes ne méritaient pas les précieuses balles commandées par le PDG, le fouet leur suffisait ». Sans commentaire.

V. La mort par la matraque

Ce fut la méthode de liquidation réservée aux chômeurs et autres sans-papiers arrêtés en Gambie et livrés par avion par le président Daouda Kairaba Diawarra quelques jours après l'agression du 22 novembre 1970. Leur nombre avait été grossi par les anciens de Boiro classés « assimilés ». Regroupés pieds et mains liés, ils occupaient la salle n°4. Après la mise en condition (diète de plusieurs jours), vers 23 heures, des hommes en treillis matraques en mains se faufilaient dans leur cellule. Alors une nouvelle nuit blanche commençait pour les détenus. En effet, le bruit des coups assénés était amplifié dans le silence de la nuit. Les séances étaient de courte durée car les victimes étaient déjà presque à l'agonie. Puis le lendemain soir, après 20 heures, comme de la charogne, les corps étaient jetés dans un camion pour être acheminés dans une fosse commune au pied du mont Gangan.

VI. L'incitation au suicide par suite de tortures morales

VII. L'incitation à la grève de la faim par suite de harcèlements et de tortures morales

VIII. Par injection, après une consultation médicale

IX - Par noyade

X - Par sévices et tortures physiques, coups et blessures, décharges électriques

XI- Kidnapping de bébé né en prison

XII. Enfants en bas âge entrés en prison avec leurs mamans, et enfants de femmes accouchées en détention.

XIII- Physiquement éprouvés et décédés peu de temps après leur libération

XIV- Par suite de traitements dégradants, conduisant au surmenage et parfois à la folie

XV- Des mauvais traitements conduisant à des handicaps et autres infirmités

Des cas de détenus ayant perdu la vue en prison

XVI- Tortures psychologiques

L'ambassadeur André Lewin affirme à juste raison que Sékou Touré téléphonait en effet à certains pour les féliciter d'avoir avoué, et à d'autres pour leur demander de le faire. Il précise que l'on peut voir dans ces interventions curieuses, des actes de torture psychologique.
Ce fut le cas pour l'ancien ministre Diallo Alpha Abdoulaye dit Portos. Ce que le diplomate et ami de Sékou Touré ignorait, c'est que ces interventions, comme par hasard, se situaient toujours après une ou plusieurs séances de « cabine technique ». Tout naturellement, il ignorait aussi que certains avaient eu le privilège rare de recevoir dans leur cellule une lettre personnelle manuscrite de Sékou Touré leur demandant d'aider la Révolution. Ce fut le cas entre autres de :

Cela se passait toujours au moment où les détenus étaient au Camp Boiro (?).

Cas du Professeur Kapet de Bana. Un cas digne d'intérêt pour plusieurs raisons :

Cas de Elhadj Baba Camara, ancien Gouverneur de Région.
Musulman convaincu et pratiquant, ses ferventes prières avaient inspiré nombre de ses compagnons qui l'admiraient sincèrement. Confiant et optimiste malgré la situation, en bon militant il attendait avec patience et confiance le verdict du Comité Révolutionnaire siégeant à Kindia. Cependant, une nuit vers 2 heures du matin, faisant le gué sous la porte de la salle commune, il se mit brusquement à hurler. Incroyable ! Il venait d'apercevoir sa vieille maman âgée de 85 ans, pliée en deux sous le poids de l'âge, et traînée sans ménagement par un agent. Elle était suivie de sa belle fille, l'épouse de El hadj Baba Camara, et de deux de ses neveux. C'était insupportable et c'est en pleurant que le pauvre cria à l'endroit de sa maman et de son épouse :
— Pardonnez-moi, je ne vous ai jamais dénoncées. J'aurais préféré la mort plutôt que de le faire. Oh ! Allah, sauve les miens de cet enfer ! Je n'y suis pour rien.
Après une parodie d'enquête qui dura des semaines, avec des brutalités pour les femmes, et des sévices pour les autres, les membres de la famille de El hadj Baba furent tous libérés. Quant à Elhadj lui-même, il fut exécuté quelques mois après, dans la nuit du 29 au 30 Août 197 1.

Cas de Samaké Kékoura dit Pola Kambi de Koronthie.
Il avait été arrêté en 1965 (Complot Petit Touré). Une nuit, on est venu le chercher dans sa cellule. A sa sortie, il s'était retrouvé avec d'autres détenus en route pour la commission. Arrivés au bureau du commandant du Camp, il fut renvoyé dans sa cellule avec comme motif : « ce n'est pas ton tour ». De retour au Bloc, une fois sa cellule refermée, il est resté debout derrière sa porte comme s'il était au piquet. Le lendemain matin à l'heure du partage du riz, lorsque sa porte fut ouverte, il était toujours arrêté à la même place. Plusieurs jours après, il était dans la même position et à la même place. Epuisé, sans manger et sans sommeil, il avait fini par s'effondrer, évanoui. Lorsqu'il s'était réveillé après les premiers soins, il avait tout juste pu dire :
— Mon tour va donc arriver !
Samaké Kékoura est mort les jours qui ont suivi, dans la position assise car il n'avait jamais plus réussi à se remettre debout.

Cas de Moussa Touré frère de Petit Touré
Un jour alors qu'il était à l'observatoire, sous la porte de sa cellule, il vit un vieil homme arriver au poste de police. C'était aux environs de 13 heures. Il faillit s'évanouir lorsqu'il reconnut son père Elhadj Bô Touré. A 14 heures à l'heure de la prière, le vieux refusa de prier sans son chapelet, sa bouilloire, et sa peau de prière retirés au poste de police.
— Si je rate ma prière dit-il, Sékou Touré sera seul à en assumer les conséquences.
Il fut satisfait dans la minute qui a suivi. Son séjour fut relativement court pour un pensionnaire de Boiro. Par contre, cela avait semblé une éternité pour Moussa Touré, complètement perturbé par les nuits blanches et les journées à l'observatoire. Le vieux fut libéré après 11 jours de détention. Au moment de partir, il réclama l'argent qui se trouvait dans ses poches à son arrivée. Contrairement aux autres détenus qui sont toujours pressés de quitter les lieux, le vieux s'était tranquillement assis pour compter son argent. Répondant à l'agent qui s'étonnait de le voir traîner avant de partir, il rétorqua :
— Quand je suis arrivé, n'aviez-vous pas eu à compter mon argent ?

XVII. Liquidation après libération

Jean Paul Alata, empoisonné en Côte d'Ivoire après sa libération.

Notes
1. André Lewin, Sékou Touré ce qu'il faut, ce qu'il a fait, ce qu'il faut défaire. Edition Jeu Afrique. Collection Plus.
2. Précisions que toute la durée du régime de Sékou Touré fut une suite ininterrompue d'années sombres. (T.S. Bah)
Les condamnations furent publiées dans Horoya-Hebdo 17-23 mai 1969. page 20. Et les exécutions eurent lieu le 27 mai 1969, et non le 29. Lire L'extraction des condamnés. (T.S. Bah)
3. Selon des sources orales, le Capitaine Keita Cheick, qui était arrivé de Labé, fut sommairement fusillé dès son entrée au Camp Boiro. Dix-sept ans plus tard, le Comité Militaire de Redressement National fit exécuter l'ancien ministre Toumany Sangaré de la même manière en juillet 1985. (T.S. Bah)
4. Voir la Liste des condamnés de 1969. (T.S. Bah)
5. Quoique salutaire pour sa sérité, le refuge de Naby Youla auprès de Mobutu est une référence peu glorieuse. En effet, entre Mobutu et Sékou Touré, c'est bonnet noir et noir bonnet. (T.S. Bah)
6. La date du 3 janvier 1971 est fausse car elle précède les pendaisons du 25 janvier 1971, qui donnèrent le signal des exécutions entre 1971 et 1974. Seuls des assaillants du 22 novembre qui s'étaient rendus, furent mis à mort en novembre-décembre 1970. Almamy Fodé Sylla précise notamment le sort de Thiam «Energie» (T.S. Bah)
7. Achkar Marof n'était pas directeur de cabinet. Il avait remplacé Telli Diallo comme représentant permanent de la Guinée à l'ONU à New York. (T.S. Bah)
8. Il s'agit vraisemblablement de Oumar Kounda Diallo, ancien gouverneur. Lire Kindo. (T.S. Bah).
9. Père du Général Ibrahima Diallo, aujourd'hui retraité. (T.S. Bah)
10. Directeur général de Soguirep à son arrestation, Barry Baba fut fusillé dans la nuit du 17 au 18 oct. 1971. Lire La vérité du ministre. (T.S. Bah)
11. Voir note 8, plus haut
12. Il s'agit plutôt de Ibrahima Pilimini Diallo, arrêté vraisemblablement dans le Complot des commerçants ou Complot Petit Touré.
13. Témoignage de Petit Barry après sa libération.
14. Témoignage de Mariama Dalanda après sa libération.
15. Témoignage de Moussa Touré, Petit frère de Petit Touré, tous deux descendants directs de l'Almamy Samory Touré.
15bis. Lire la narration détaillée de cet acte dans L'Almamy Samory, Empereur, de Ibrahima Khalil Fofana. (T.S.Bah)
16. Capitaine Abou Soumah fut commandant de garnison militaire. Il n'exerça vraisemblablement pas la fonction d'aide-de-camp du président de la république. (T.S.Bah)
17. Témoignage du commissaire Kindo Touré.
18. Les cellules des Escaliers 32 ne sont pas souterraines. J'y fus enfermé pendant 4 mois (janvier-avril 1970) avec dix de mes camarades du Conseil d'Administration de l'Institut Polytechnique de Conakry :

  1. Pierre Basamba Camara, qui devint plus tard inspecteur politique du PDG, gouverneur, ambassadeur, et ministre
  2. feu Mamadou Bobo Dieng
  3. Mamadou Saidou Diallo
  4. Tierno Siradiou Bah
  5. feu Dorank Diassény Assifat
  6. feu Bappa Diop
  7. Ibrahima Kourouma
  8. Bouréma Condé
  9. Koikoi Kalivogui
  10. Mamadi Diaré
    Deux membres du C.A. — Mamadou Cellou Diallo et Mara Kaba — se désolidarisèrent du groupe et ne furent pas arrêtés.

Bien que n'étant pas statutairement membre de l'instance politique, le Bureau politique national avait invité le C.A. à siéger à la première session 1970 du Conseil national de la Révolution (CNR). Devant Sékou Touré et tous les dirigeants du PDG, le vice-président du CA lut un texte très critique des contradictions et des carences des responsable du régime. Ce fut le motif de notre arrestation.
Quelque sept mois plus tard, en novembre 1970, Sagno Mamadi, Barry III, et d'autres y seront enfermés et torturés (lire le témoignage du Lieutenant-Colonel Kaba 41 Camara). Barry III en sera extrait pour le supplice au Pont Tombo le 25 janvier 1971. (T.S. Bah)
19. Gomez ne donne pas de références officielles attestant que le capitaine Soumah exerça la fonction d'aide-de-camp du président de la République. Voir ma note précédente. (T.S. Bah)


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