webGuinée
Camp Boiro Memorial / Victimes / Témoignages


Alsény René Gomez
Camp Boiro. Parler ou périr

Paris. L'Harmattan. 2007. 253 pages


      Sommaire      

Chapitre IX
Les charniers et cimetières connus

Il s'agit de grandes fosses creusées dans des cimetières et dans des endroits isolés situés sur le flanc des montagnes ou dans les forêts. Elles servaient à ensevelir les corps des détenus victimes de liquidations collectives : exécution, pendaison, fouet, matraque.

1. Conakry

Le Bloc Boiro

A l'intérieur du Camp Boiro se trouve le Bloc dans l'enceinte même de la prison. Les détenus arrêtés en 1969 parlent de trois albinos enlevés en sacrifice avant le début des arrestations massives fin novembre 1970, dont les corps seraient ensevelis à l'entrée du Bloc Boiro.

Nongo

Ce quartier résidentiel était à l'époque des faits un village situé dans la périphérie de Conakry, et plus précisément, au Nord-Est de la ville. Exceptionnellement, les corps sont ensevelis dans des tombes individuelles. Cela s'explique par deux raisons au moins :

  1. Le lieu choisi étant un cimetière, les responsables locaux ne pouvaient être mis à l'écart, il fallait donc respecter nos coutumes, à savoir un corps, une tombe.
  2. Les décès n'ont pas eu lieu le même jour. En 1977 la période de « terreur » étant passée, les exécutions publiques en masse n'étaient plus de mise. De ce fait, la majorité des tombes concernent des détenus éliminés par diète noire :

Champs de tir de Kissosso

Situé à l'époque dans la banlieue de Conakry, sur la route de Kindia, avec le développement de la ville cet endroit est occupé en partie par la base du génie route de l'armée. Il y a en ces lieux trois fosses communes.

  1. Première fosse. On a pu identifier entre autres les restes des personnes ci-dessous :
  1. Deuxième Fosse. Cette fosse contient des restes qui sont présentés par des témoins comme étant ceux des assaillants débarqués à Conakry le 22 Novembre 1970, et faits prisonniers. Parmi eux, Thiam Mamadou qui avait réussi à prendre le contrôle de la centrale électrique de Tumbo.
  2. Troisième Fosse. A l'heure actuelle, faute de témoignages fiables, il est difficile de pouvoir donner une identité aux différents corps dont les restes se trouvent dans cette fosse.

2. Kindia

Ville située à 135 Km de Conakry. Elle a abrité la deuxième « structure» de concentration et de liquidation après celle de Boiro à Conakry.

Au pied du Mont Gangan

  1. Première Fosse. Elle contient les restes des personnes ci-dessous :
  1. Deuxième fosse. Cette fosse contient les restes des corps des Militaires arrêtés à Labé en 1969, dans le cadre de ce qui a été désigné sous le nom de Complot Kaman-Fodéba.

2. Kindia

Dans la forêt classée de Fissa Forè

Elle a été utilisée pour l'organisation de liquidations massives. L'existence de fosses communes à cet endroit ne fait pas l'ombre d'un doute. Ces fosses contiennent les restes des corps de détenus arrêtés en 1969 et exécutés à Kindia. A ceux-là, il faudra d'autre part ajouter ceux des extradés de Gambie, livrés à l'époque par le Président Daouda Kairaba Diawara. Ces derniers ont été nuitamment transportés sur les lieux après avoir subi un traitement des plus inhumains et dégradants. En effet, ils ont été auparavant étouffés, avant d'être mis dans des sacs d'emballage, puis traînés comme des ordures pour être jetés dans les fosses. C'est à cause des différentes bavures que les populations avoisinantes ont pu savoir ce qui s'était réellement passé en ces lieux.

Fosses de Kouradi

Cette localité est située sur la route de Gomba. Les témoins racontent :

« Avant chaque opération, une mission officielle passait pour prévenir les villageois, et leur dire que l'armée aurait des exercices de tirs à effectuer la nuit. Par conséquent ils sont invités à rester calmes, et surtout éviter de sortir pour ne pas être victimes des balles perdues ».

Des témoignages dignes de foi existent, confirmant l'existence de trois fosses à cet endroit. Il faut préciser qu'une commission d'enquête s'était rendue sur les lieux en 1984, après le changement de régime. Plus de dix années après ces macabres évènements, elle avait constaté que le sol était encore jonché d'étuis vides de balles d'armes de guerre telles que PM-AK et PA.


Facebook logo Twitter logo LinkedIn Logo

[ Home | Victimes | Perpétrateurs | Bibliothèque | Recherche | BlogGuinée ]


Contact :info@campboiro.org
webGuinée, Camp Boiro Memorial, webAfriqa © 1997-2014 Afriq Access & Tierno S. Bah. All rights reserved.