Camp Boiro Memorial
Victimes
Témoignages


Mgr. Raymond-Marie Tchidimbo
Noviciat d'un évêque :
huit ans et huit mois de captivité sous Sékou Touré

Paris: Fayard, 1987. 332 p. + ill.


Previous Home Next

Chapitre Premier
Né en Guinée française

C'est un droit, nous dit Vatican II, « pour les enfants et les jeunes gens d'être incités à
apprécier sainement les valeurs morales avec une conscience droite et à les embrasser dans
une adhésion personnelle, et, tout autant, à connaître et aimer Dieu plus parfaitement »
(Concile oecuménique Vatican II, Gravissimum educationis momentum, n° 1).

Je suis né en Guinée française, à Conakry, la capitale, petite ville coloniale boisée, belle et ravissante, à l'image de l'Éternelle Fiancée du Cantique des Cantiques. A plusieurs milles de la côte, Conakry se présente tel un immense bouquet de fleurs déposé par les dieux sur les berges de l'océan Atlantique ; et les touristes voyageant en paquebot de la surnommer « la perle de l'Afrique ».

Un pays gâté par Dieu

Je suis né dans ce pays réellement gâté par Dieu : l'une des terres parmi les mieux équilibrées de l'Afrique, avec ses quatre régions, si distinctes les unes des autres et si harmonieusement étalées qu'elles vous séduisent et vous envoûtent pour toujours !

La mer, la montagne, la savane, la forêt : tout cela existe en Guinée et vous empêche de sombrer dans l'ennui ; le Guinéen est rarement triste, et l'humour est son charisme. C'est du reste ce charisme qui lui aura permis de survivre à vingt-six années de dictature sanglante.

En Guinée, on n'est jamais mort de faim, pas même sous Sékou Touré ; qui, d'ailleurs, n'a contribué en rien à cet état de fait. Il ne faut en remercier que la Nature ! Voyez vous-même : vous plantez en terre une tige de manioc au début de la saison des pluies, et, à peine six mois après, vous déterrez de grosses tubercules de manioc ; vous semez ce minuscule grain que l'on appelle le fonio, et trois mois après vous faites la moisson ; vous mettez en terre un noyau de ce fruit qu'est la mangue, quatre ans après vous récoltez de belles mangues. Qui dit mieux !

Carte de la Guinee

Avant le socialisme de Sékou Touré, l'agriculture était à ce point florissante que la Guinée française exportait du riz vers le Sénégal. L'élevage n'était pas en reste ; ni non plus la pêche. On sait d'ailleurs fort bien en Europe que les côtes guinéennes sont parmi les plus poissonneuses de l'Afrique ; et si je voulais manquer de modestie, j'ajouterais du monde, et ce faisant, je serais très proche de la réalité !

La Guinée — la revue Marchés tropicaux l'atteste — était, dans l'Ouest-Afrique, avant Sékou Touré et son idéologie vieillotte et démodée, le premier pays producteur et exportateur de bananes, d'ananas et de café. La Côte-d'Ivoire aura tiré profit des bêtises et des erreurs d'un illuminé doublé d'un « doux » entêté

Le sous-sol guinéen est d'une richesse presque scandaleuse. La Guinée a des gisements de bauxite à très forte teneur, près de 58 %. L'or et le diamant ne manquent pas. Et toute cette richesse naturelle aurait pu faire de la Guinée un pays surdéveloppé.

Ce sous-sol a, du reste, rapporté beaucoup de devises ; mais elles n'ont servi qu'à Sékou Touré, qu'à enrichir sa famille et à tenter de subvertir les États voisins, en particulier la Côte-d'Ivoire, dont Sékou Touré ne pouvait supporter l'amorce d'une réussite économique réelle.

Notre ami et maître, Emmanuel Mounier, décrivait la Guinée en ces termes, en 1948, après un voyage d'information dans l'Ouest-Afrique :

« C'est un pays sans obsession. Divers, harmonieux, plus qu'aucune terre africaine, il éveille une émouvante analogie de la France.
Voulez-vous la Camargue ? Longez cette basse côte de vase et de rizières où le baigneur, même sur les plages, avec son bain de mer, prend un bain de boue. L'Auvergne, ou plutôt une sorte d'Auvergne provençale ? Avancez à l'intérieur, sur la route de Kindia, vers les premiers contreforts du Fouta. L'Alpe et ses pâturages ? Poussez encore jusqu'au coeur de la chaîne, où le Foulah promène lentement ses grands boeufs, son mépris du paysan qui n'a pas le sang des blancs, son refus de gratter la terre, sa pauvreté royale, son intelligence et sa fierté peuhl. [...]
La culture n'est pas moins variée que le paysage. Le riz de la côte, l'orange du Fouta, la banane et le café, et toute la gamme des fruits : l'ananas, la mangue, la papaye, la goyave, et le quinquina de Seredou, qui dans quelques années fournira la quinine gratuite à tous les indigènes d'A.O.F. Mais on ne trouve pas seulement de tout en Guinée. On trouve de tout un peu sur de petits espaces. [...]
Une Guinée bien équipée, prospère, harmonieuse par la diversité de ses ressources et l'humeur de ses populations, pourrait bien être alors comme le centre d'équilibre de l'Afrique, sinon sa tête pensante ou sa vive flamme 1. »

Tel est ce beau pays qui m'a vu naître, et m'a doté de tout ce qu'une géographie peut transmettre à un être humain, en l'empreignant de sa sève jusqu'en ses fibres intimes, dès ses premiers vagissements.

La Guinée, terre du soleil et du rire, du rythme et de la danse ; et aussi, de l'hospitalité sans calcul, sans détour et sans retour ; donnant au voyageur le désir de s'y arrêter définitivement. C'est ce que firent mon grand-père maternel et mon père : l'un venant des brumes de la Tamise (Londres), l'autre débarquant de son Gabon lointain.

Porté dans les bras de Notre-Dame

C'est par une nuit profonde, le 15 août 1920 à deux heures du matin, que je fis mon irruption dans le monde, cinquième enfant d'une famille qui en comptera sept.

Le 15 août et à deux heures du matin ! A l'heure où les moniales et les moines se levaient pour chanter les matines de l'Assomption de la Vierge Marie. Coïncidence ! hasard ! chance ! ou que sais-je encore ? diraient les « rationalistes » ou les « païens modernes »; car ceux que notre vocabulaire français appelle « païens » sont plus au fait de la présence de Dieu au sein des hommes et des événements que beaucoup de ceux qui se pensent et se disent croyants en Occident.

Pour mon père et ma mère, tout comme pour moi, ce ne fut ni une « chance » ni un « hasard » mais la concrétisation du dessein de Dieu sur ma personne. Je devais être reçu dans les bras de Notre-Dame, notre mère du ciel ; et ce à cause de tout ce qui allait se dérouler au long de mon existence sur la terre.

Et la Vierge m'a séduit, et je me suis laissé séduire par elle tant et si bien que les temps forts de ma vie auront été marqués par sa présence enveloppante et sécurisante ; comme nous aurons l'occasion de le voir.

Je suis arrivé au monde deux mois plus tôt que je n'étais attendu. Aussi mon père et ma mère, mûs par une crainte toute religieuse, me firent conduire le soir même de ma naissance dans notre église paroissiale de Sainte-Marie pour y recevoir le saint baptême. On m'appela « Raymond » car le premier vicaire apostolique, nommé cette même année, s'appelait ainsi. Et l'on ajouta à ce prénom celui de Marie pour me mettre sous la protection de la Vierge de l'Assomption.

Il faut admettre, à en juger sur pièce, que la Sainte Vierge s'est bien occupée de moi depuis cette date. Car pour un prématuré, je me porte plutôt bien, du moins pour ce qui concerne la « devanture »; « l'arrière-boutique », elle, n'étant pas toujours très en ordre, surtout après neuf années de séjour dans l'hôtel quatre étoiles de M. Sékou Touré, le « Château Boiro ».

Ce 15 août-là, me racontèrent plus tard mes parents, il « pleuvait des cordes », selon l'expression savoureuse de Conakry. Ce sont des circonstances où, en Guinée, l'on reste bien chez soi pour ne pas se faire « arroser ». Mais malgré la grosse pluie, et selon les bonnes coutumes de chez nous, dès neuf heures du matin, les voisines, les amies et la famille de papa et maman envahissaient la petite maternité de Conakry pour féliciter ma mère.

Comme il était entendu que le baptême se ferait le soir même, mes tantes et quelques voisines se rendirent après à « la case Tchidimbo » pour y préparer la fête. Une fête qui commença bien avant le baptême. En Guinée, « cela s'arrose », et comment !

Je naissais ainsi dans un contexte colonial avec « le privilège » de la nationalité française ; car c'était, effectivement, un privilège, à l'époque. Cela vous permettait de vous exprimer librement, même contre le pouvoir colonial, sans être inquiété par lui. Et croyez-moi, ami lecteur, que, devenu adulte, j'en ai profité plus d'une fois pour parler haut et fort, sans aller pour autant en prison. Sékou Touré, évidemment, n'était pas encore là ; heureusement !

Je naissais aussi au sein d'une Église missionnaire, c'est-à-dire une Église soucieuse, avant tout, d'aller à l'essentiel ; laissant aux « grands théologiens » le loisir d'épiloguer sur le sexe des anges ; une Église bien à l'écart des tensions internes qui écartelèrent tant l'Église des vieilles chrétientés, en lui faisant gaspiller une énergie pourtant bien utile à l'avancée du règne de Dieu !

Pour ma part, avec le recul des années et l'expérience carcérale dont je fus gratifié, je rends grâce au Seigneur qu'il en ait été ainsi de mon environnement. Les contextes colonial et missionnaire sont l'un et l'autre enrichissants pour peu que l'on veuille se débarrasser de complexes appauvrissants.

« La case Tchidimbo », d'ailleurs, aura également contribué à faire de moi ce type d'homme chez lequel la couleur de la peau ou la différence de culture n'ont jamais été un problème majeur. Je me sens parfaitement à l'aise en n'importe quel lieu. Évidemment, je n'irai jamais habiter, de plein gré, en Atlanta ou à Pretoria... Cela va de soi ! Mais là où l'homme — quel qu'il soit — est reconnu dans sa dignité de personne, je suis candidat pour y vivre !

Un père noir, une mère métisse... Tous deux avaient appris à leurs enfants à vivre en harmonie avec des gens divers.

Nous étions fiers de nos parents qui étaient à la fois pauvres et bons, au point de se considérer encore assez riches pour secourir plus pauvres qu'eux.

Papa et maman aimaient recevoir à la maison, et tout le monde — Métis, Blancs et Noirs — y était accueilli avec la même chaleur et le même respect. Cette ambiance salutaire nous aura amenés, mes frères et moi, à être fiers d'être nous-mêmes : avec les défauts, mais aussi les qualités des deux communautés coloniales ; ceux des Blancs et ceux des Noirs !

De tout cela, je rends grâce au Seigneur qui m'a donné la vie et à mes parents qui ont eu la générosité de me la transmettre. Quant à Notre-Dame de l'Assomption, je la chanterai, mon existence durant ; car elle est réellement la Dame de ma vie : celle qui veille et celle qui berce, celle qui reprend et celle qui stimule, celle qui assiste et celle qui console, la toute aimante, la femme éternelle !

Ce drôle de petit Raymond-Marie

Depuis cette date du 15 août 1920 jusqu'à l'âge de 5 ans, il me serait bien difficile de dire ce qui a pu se passer, à moins d'une inspiration du Saint-Esprit ; mais je ne pense pas qu'Il veuille se déranger. L'Esprit Saint n'est pas à notre disposition pour nous rappeler nos espiègleries tant mieux d'ailleurs !

En effet, nous avons tellement le souci de passer pour « des gens bien », que nous n'aimons pas beaucoup que l'on nous rappelle nos « quatre cents coups ».

Mais puisqu'il importe d'être véridique pour prétendre être appelé « Fils de Dieu », je raconterai quand même quelques-unes de ces diableries. Un petit acte d'humilité, de temps en temps, n'a jamais fait de mal à personne.

Ainsi donc, un certain jeudi après-midi, je commis un larcin prémédité avec la complicité d'un petit camarade venu jouer avec moi à la maison. Papa était parti au marché en compagnie d'un apprenti pour acheter des accessoires de machine à coudre et voir si des nouveautés étaient arrivées en fait de tissus pour homme. Maman était assise dans la cour intérieure avec ma soeur aînée : c'était l'heure des longues séances de raccommodage consacrées aux fonds de culotte de mes frères et aux miens. Les apprentis-tailleurs, dans l'atelier qui jouxtait la maison, étaient occupés à faire les boutonnières des nouveaux complets à livrer dans la semaine. Mon petit copain et moi, nous étions apparemment bien sages dans le salon-salle à manger : nous jouions à « faire la messe », affublés des vieilles robes de maman — ces espèces de longues robes genre XIXe siècle finissant, qu'aimaient porter les femmes métisses de Conakry.

Au bout d'une petite heure, nous fîmes une pause. Il y avait sur la table une espèce de ballon contenant un liquide que ma mère aimait préparer comme rafraîchissement pour papa : un genre d'hydromel. La curiosité propre à notre âge nous amena à goûter de ce breuvage que nous trouvâmes délicieux.

Si nous nous étions seulement contentés d'en prendre une petite gorgée, personne n'en aurait rien su ; mais voilà, lorsque nous nous arrêtâmes de boire, la carafe était vide de moitié ! Alors mon petit copain éprouva le besoin soudain de rentrer chez lui — c'était plus sage — et moi, de demander à maman l'autorisation de l'accompagner. Comme nous étions voisins elle ne fit aucune difficulté. Et nous voilà partis ! Ni vu, ni pris la main dans le sac, j'avais quelque assurance de pouvoir échapper à une bonne trempe avec la cravache de la maison, que mes frères et moi-même connaissions bien.

Entre-temps papa était revenu à la maison... et l'on m'attendait pour une explication. Car le fautif, cela ne pouvait être que moi : mes frères aînés étaient partis au patronage pour jouer au football, et mon jeune frère Patrice ne marchait encore qu'à quatre pattes.

J'avais essayé de traîner le plus possible chez les voisins, me doutant du sort qui m'était réservé à mon retour ; mais le crépuscule se faisant nuit, il fallut bien regagner la maison.

Je reçus une bonne fessée et dus rester à genoux pendant une heure face à l'un des quatre coins de la salle de séjour. Papa avait des bras vigoureux : je m'en souviens encore !

Il ne me vint même pas à l'idée d'aller me réfugier auprès de maman qui, à cette heure-là, était occupée à préparer le souper, j'aurais sûrement été puni plus sévèrement encore. C'était mon premier larcin conscient et ce fut aussi le dernier : la leçon de morale avait bien porté.

Un autre jour, je fis l'école buissonnière — c'était la première fois et ce fut aussi la dernière ! Effectivement, ce matin-là, arrivés avec des copains au portails de la cour de l'école de la Mission, d'autres petits élèves nous avaient dit qu'il n'y avait pas école. Il était huit heures du matin.

Sans chercher à vérifier, et trop heureux de pouvoir faire une grande promenade sans surveillance, nous voilà partis dans la campagne avec quelques camarades, dont Richard Fowler, aujourd'hui prêtre comme moi, dans l'archidiocèse de Conakry.

Mes parents possédaient un grand verger à quatre kilomètres de la ville ; ce fut le but de l'expédition. Nous fûmes bien reçus par le gardien de cette propriété ; l'un des fils du patron étant là, il lui était difficile de faire autrement.

A midi passé, nous étions de retour dans la ville ; et en repassant devant l'école, nous apprîmes qu'il y avait quand même eu classe et que, en ce qui me concernait, l'on avait même envoyé quelqu'un à mon domicile pour savoir si je n'étais pas malade.

J'arrivai donc à la maison, tout penaud. Lorsque maman avait pris une décision à notre égard, elle n'élevait pas la voix ; et c'est là qu'il fallait s'attendre à tout. Après un bref interrogatoire que je fus bien obligé de subir, ce fut la punition classique: à genoux face au mur !

Au bout d'une demi-heure, maman m'autorisa à me relever, me donna un verre d'eau, et me dit :
— Puisque tu as bien mangé au verger, tu n'as certainement plus faim ; alors tu vas reprendre ton petit sac et retourner à l'école ; ce soir tu auras ta soupe comme tout le monde.
Il fallut s'exécuter sans demander d'autres explications.

Habituellement, lorsque je repartais à l'école l'après-midi, je traversais toujours l'atelier de papa pour lui dire au revoir. Mais ce jour-là, je m'étais bien gardé d'accomplir ce rite. Tel on connaît ses saints, tel on les honore.

Combien de fois, en captivité, en repensant à ces scènes, je me suis surpris à rire tout seul. Mais ce fut aussi autant de fois où j'ai remercié le Seigneur de m'avoir donné des parents qui tenaient à éduquer leurs enfants dans la rectitude de la foi.

De ne s'être jamais pliés à nos caprices ; de nous avoir repris et corrigés lorsqu'ils constataient que nous avions menti ou pris des choses à la maison sans leur avoir demandé l'autorisation ; de nous avoir privés de nourriture, pendant quelques heures, lorsque c'était nécessaire : tout cela nous aura préparés à affronter la vie dans sa prosaïque réalité et à faire face à toute éventualité, y compris la prison !

Effectivement, cette première phase d'une éducation chrétienne dispensée sans complaisance mais avec tant d'amour aura été pour moi l'une des meilleures préparations à ma « vie de château » à Boiro-Palace, dans le paradis socialiste de Sékou Touré !

Je me devais de rendre témoignage à mes parents du fond de mon cachot, de ce qu'ils avaient pris conscience de leur responsabilité de père et de mère de famille chrétiens.

Avec le temps idéal de réflexion qu'ont pu me procurer presque neuf années de captivité, je constate aujourd'hui, à la lumière de l'enseignement de l'Eglise, que mes parents avaient l'intuition qu'en cas de défaillance de leur part, ils pourraient difficilement être suppléés dans l'exercice de leur sacerdoce parental.

J'entends encore ma mère dire à mes frères aînés — Joseph et Georges — mis à l'internat de l'école de la Mission catholique de Conakry à partir de 13 ans :

— Votre père et moi, nous ne vous passerons rien ; vous êtes des garçons, et nous ne savons pas ce qui vous attend demain.

Pour les deux aînés, mes parents avaient souhaité le brassage salutaire de cet internat, dont le règlement était assez sévère. Mais chaque premier dimanche du mois — jour de sortie — ils n'appréciaient que davantage les douceurs du foyer familial.

C'est effectivement aux parents, si l'on en croit Vatican II, « de créer une atmosphère familiale, animée par l'amour et le respect envers Dieu et les hommes, telle qu'elle favorise l'éducation totale, personnelle et sociale, de leurs enfants. La famille est la première école des vertus sociales nécessaires à toute société. » (Concile oecuménique Vatican II, Gravissimum educationis momentum, n°3). Mais, poursuit Vatican II :

« C'est surtout dans la famille chrétienne, riche des grâces et des exigences du sacrement de mariage, que dès leur plus jeune âge les enfants doivent, conformément a la foi reçu au baptême, apprendre a découvrir Dieu et à l'honorer ainsi qu'à aimer le prochain ; c'est là qu'ils font la première expérience de l'Eglise et de l'authentique vie humaine en société ; c'est par la famille qu'ils sont peu à peu introduits dans la communauté des hommes et dans le peuple de Dieu lui-même » (Ibid.).

Je comprends fort bien que Paul VI ait pu écrire dans son Testament, cinq ans avant sa mort :

« Je ressens le devoir de remercier et de bénir ceux de Toi, Seigneur, m'ont transmis le don de la vie »
(Testament de Paul VI, 14 juillet 1973).

Note
1. Emmanuel Mounier, Oeuvres, 3. 1944-1950, pp. 322-324.


Facebook logo Twitter logo LinkedIn Logo

[ Home | Victimes | Perpétrateurs | Bibliothèque | Recherche | BlogGuinée ]


Contact :info@campboiro.org
webGuinée, Camp Boiro Memorial, webAfriqa © 1997-2014 Afriq Access & Tierno S. Bah. All rights reserved.